Après avoir expérimenté les parenthèses estivales, j’ai ressenti un hiver après les fêtes de fin d’année, le besoin de me retrouver seule et de me reposer. Les paramètres pour faire mon choix : partir pas trop loin, deux nuits et une destination connue. Ce sera Dijon où j’ai trouvé en dernière minute un studio à louer dans le centre-ville.
Les sensations et l’ambiance sont toutes différentes de mes précédentes parenthèses. Il fait froid, j’ai moins envie de rester dehors, il fait nuit plus tôt. Alors je me réfugie sans culpabilité dans les musées, les boutiques et les salons de thé.
Je vais vous faire une confidence, si j’ai choisi d’aller là-bas c’est aussi pour une raison bien particulière : m’imprégner de l’atmosphère de la ville, voir de mes propres yeux les lieux où se déroule le roman que je suis en train d’écrire alors (et que j’ai désormais achevé). Je peux presque apercevoir Marion ou Antonin, mes personnages, au détour d’une rue.








Voici un aperçu de ce qui a parsemé mes journées dijonnaises :
- Braver le froid, marcher sur les traces de la chouette (mascotte de la ville), flâner dans les rues et prendre en photos les belles façades ou les toits aux tuiles vernissées.
- Entrer dans une vieille chapellerie pour m’acheter un beau béret violet.
- Faire un tour au jardin Darcy où l’Ours Pompon vous accueille avec douceur et m’asseoir sur un banc pour savourer les rayons du soleil, trop avare pendant mon séjour.
- Admirer l’architecture des hôtels particuliers qui témoignent de la richesse de la ville entre le XVe et le XVIIIe siècle (découvrir parfois une cour secrète).
- Frotter la petite chouette de l’église Notre-Dame avec la main gauche et faire un vœu.
- Juste en face, déguster et acheter de la moutarde Fallot (ma préférée : celle au vinaigre balsamique).
- Entrer dans la boutique Mulot et Petitjean, qu’on aime ou pas le pain d’épices, c’est un incontournable.
- Marcher jusqu’au joli Jardin de l’Arquebuse (où se trouvent le Jardin botanique, le Museum et le Planétarium) même si en hiver c’est assez tristounet.
- Non loin se trouve la Cité internationale de la gastronomie et du vin mais je trouve que c’est aseptisé et commercial (je ne recommande que la librairie qui regorge de livres de cuisine et d’aller voir les centaines de bouteilles exposées à la Cave de la Cité).



Et enfin me réchauffer au Musée des Beaux-Arts (gratuit comme les autres de la ville) que j’affectionne particulièrement pour m’y perdre pendant près de 3h. En effet la promenade à travers les salles nous emporte dans un tourbillon : on perd la notion du temps en traversant les siècles salle après salle. Avoir le sens de l’orientation n’a ici plus aucun sens : on avance, on monte, on descend. Ce que j’aime dans ces visites solitaires, c’est que j’avance à mon rythme : je m’arrête autant de fois et de temps que je veux devant les œuvres qui m’attirent, qui m’interpellent. Dans ces moments-là je suis comme dans une bulle confortable et rassurante, je savoure la visite avec tous les sens, j’observe sans être influencée. Parfois je m’assois sur un banc et je prends des notes dans mon carnet (ah l’importance des carnets, encore plus pendant la parenthèse) ou parfois j’annote le plan du musée avec mes commentaires et mes coups de cœur que je vous partage ici : les portraits funéraires dits du « Fayoum » remontant à l’Egypte romaine ; Le souffleur à la lampe par Georges de La Tour ; les majestueux tombeaux des ducs de Bourgogne Philippe le Hardi et Jean sans Peur (et son épouse Marguerite de Bavière) ; l’étonnante Chevauchées des Rois Mages par les Maîtres de la Déploration de Sarnen ; Le départ des volontaires de 1792 par François Rude (le musée expose aussi les œuvres de son épouse Sophie Rude).
La nuit est tombée, je sors la tête en ébullition et me rend en face au café du musée pour un goûthé : l’ambiance est feutrée, les conversations des tables environnantes parviennent à mes oreilles et je les écoute sans indiscrétion en buvant lentement un thé Earl Grey accompagné d’une madeleine au citron. Voilà, vous savez tout.





Comme pour les autres parenthèses, la vie avance à mon rythme en fonction des mes envies, de quand j’ai faim/froid/envie d’entrer quelque part/besoin de me poser/envie d’écouter une playlist ou un podcast /l’inspiration qui vient pour écrire.
J’ignore comment vous percevez l’effet que peuvent avoir ces quelques jours, si cela vous semble trois fois rien ou au contraire immense tant c’est inenvisageable. Mais pour moi c’est une respiration magnifique, une liberté totale au sens où les seules contraintes sont celles que je me fixe
Quelques bonnes adresses ?
- Moutarderie Fallot, 16 rue de la Chouette
- Librairie/ Salon de thé La Fleur qui pousse à l’intérieur, place des Cordeliers
- Noir Animal, Bijoux, accessoires et curiosités, 18 rue Verrerie
- Concept store Bensimon, 90 rue de la Liberté
- Mulot & Petitjean, 13 place Bossuet
- Madeleine Café, 8 rue Verrerie
- Restaurant japonais Aki, 13 place Emile Zola
- Brasserie des Beaux-Arts, Square des Ducs de Bourgogne




