
Au XIXe siècle, les bagages (les malles, les valises en carton ou le gros sac en cuir à la Mary Poppins) pèsent lourd au bras des voyageur.se.s et des porteurs sont payés pour les charger-décharger en gare, dans les ports ou à l’entrée des hôtels.
Mais dans les années 1940 les voyageuses trouvent une manière d’ajouter de petites roues aux valises. Seulement la technique ne se développe pas, notamment parce que les hommes estiment qu’ils n’en ont pas besoin (attention à ne pas mettre en doute leur virilité). Et les femmes dans tout ça ? On estime qu’elles ne partent pas en voyage ou dans le cas de ces femmes « trop » libres, elles n’ont qu’à demander à des hommes de les porter. Donc exit l’idée des valises à roulettes.
C’est l’autrice et journaliste suédoise Katrine Marçal qui explique dans le livre qu’elle a publié en 2021 Mother of Invention: How Good Ideas Get Ignored in an Economy Built for Men (en français Comment le monde claque la porte aux idées des femmes) comment certaines inventions, notamment les roulettes des valises, ont été mises de côté tout simplement parce qu’elles ne répondaient pas aux besoins d’une société trop souvent pensée par et pour les hommes.
Dans les années 1960, l’Américain Bernard Sadow invente la valise à roulettes mais le marché (à ce
moment-là ce sont surtout les grands magasins américains qui sont approchés par M. Sadow) n’est pas encore prête à accepter l’idée. Il lui faut attendre 1972 pour que son produit, la valise à roulettes avec une laisse courte, soit enfin commercialisé. Entre temps, les femmes voyagent de plus en plus… seules. Et la baisse du prix des moyens de transports a rendu les voyages et les escapades accessibles au plus grand nombre, qui ont besoin d’une valise facile à transporter.
Et même si dans les publicités cela reste généralement des femmes qui tirent ces fameuses valises, les hommes sont bien contents eux-aussi d’avoir des roulettes !
